• Le doyen de la presse Européenne

La bouteille a pris l'eau

Les rabbins se font agresser dans la rue et la pègre la plus déchaînée apostrophe à tout va ce qui reste d'd'honnêtes gens circulant dans les rues

La bouteille a pris l’eau



Ça y est, la bouteille a pris l’eau. Les rabbins se font agresser dans la rue et la pègre la plus déchaînée apostrophe à tout va ce qui reste d’honnêtes gens circulant dans les rues.

Le lourd manteau du renoncement s’empare dorénavant de la population et la recouvre pour une descente graduée vers le moyen âge des significations, des idiomes et des vêtures. Le peuple français a disparu, mais il demeure ça et là telle une bigarure des physionomies, pas trop laides hélas, tristement cochonnées de haillons fabriqués avec des survêtements, les pieds nus peu lavés s’extirpant à grand mal de chaussures de tennis à la gomme éclatée. Ecce homo !

Au guidon de son nouveau véhicule alimenté écologiquement à la pétarade basquaise , la mairesse de Paris, avec l’onctuosité d’une bouche en cul de poule par laquelle s’échappent les flatulences sucrées dont elle adorne sa ville, ce nouveau stalag des illusions perdues , des Balzac, Flaubert et tous les autres. Le merveilleux magazine Chouchou furtivement paru dans les années 64, avait imaginé une population de rats sanguinaires occupant le métro de la ville impériale et royale. C’était terrifiant. Un rat gigantesque et hâbleur menant une foule dépareillée de prédateurs impitoyables, faisait régner la terreur dans les égouts. Le nom du chef de cette démoniaque engeance était Ténébrax, et sa chevelure hirsute, pour ne pas imiter les sillons bien tracés du Mélanchon incarne à merveille l’impression d’ensemble politique et morale du personnage à la tête du peuple de égouts. Hélas, la série cessa de paraître avant que l’on put se rendre compte si l’infâme Ténébrax était arrivé à ses fins totalitaires.

On le voit, le vrai feuilleton recommence avec de vrais personnes.


Ce pauvre Bayrou, pauvre misère, sans laisser voir sur son visage ni l’air jaloux ni l’air méchant, creuse la terre , creuse le temps, comme le chantait Georges Brassens. L’image est-elle à la hauteur du drame, on peut en douter.

Puisque rien n’est resté rationnel dans la conduite des affaires publiques, il reste à supposer que tout y est devenu littéraire. Et c’est pourquoi Macropilami joue à la guerre, car c’est la seule chose que les enfants savent faire, et pourtant la béance est à nos portes avec une nouvelle dissolution et une nouvelle élection présidentielle, à laquelle, comptez-y fort, l’infâme Ténébrax occupera la vedette et la rue.

Avoir transformé la France en un fromage habité par une vermine avec laquelle les concitoyens cohabitent, c’est une trouvaille ! Du tutoiement à la clochardisation des vêtements du quidam ordinaire, on voit tout de suite les effets dévastateurs. La zone de la cloche poursuit son avancée au travers des espaces jadis favorisés, de telle sorte que l’on pourra demain parler des bauges de Bagatelle au lieu et place de ses jardins. S’est-on seulement interrogé sur l’origine et l’intérêt d’avoir répandu sur un jardin qui faisait l’admiration du monde autant de tonnes de boues et d’épandage. Ténébrax sans doute, Ténébrax demain ?



Nouveau venu, qui cherches Rome en Rome
Et rien de Rome en Rome n'aperçois,
Ces vieux palais, ces vieux arcs que tu vois,
Et ces vieux murs, c'est ce que Rome on nomme.

Vois quel orgueil, quelle ruine : et comme
Celle qui mit le monde sous ses lois,
Pour dompter tout, se dompta quelquefois,
Et devint proie au temps, qui tout consomme.

Rome de Rome est le seul monument,
Et Rome Rome a vaincu seulement.
Le Tibre seul, qui vers la mer s'enfuit,

Reste de Rome. Ô mondaine inconstance !
Ce qui est ferme, est par le temps détruit,
Et ce qui fuit, au temps fait résistance.

Joachim Du Bellay ( Les Antiquités de Rome )



Jean-François Marchi

PHotos JFM


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