Le corbeau et le renard
Trump a donc discuté pendant deux heures avec Poutine.
Le corbeau et le renard
Trump a donc discuté pendant deux heures avec Poutine. L’un est un personnage de comédie, prétentieux et sensible à la flatterie, ignare en matière de politique internationale, mais persuadé que le monde fonctionne comme un bazar. L’autre est un judoka, fin joueur d’échecs et travaillé par une civilisation millénaire qui a résisté à toutes les invasions. Aucun bookmaker sérieux ne jouerait un kopek sur le premier. Et pourtant celui-ci est persuadé d’avoir remporté la partie.
Un grand perdant
Au cours de son mandat précédent, Donald Trump s’est à plusieurs reprises fait rouler dans la farine à commencer par les talibans. Son seul talent consiste à laisser entendre que bien que nu il est habillé de luxe. Il a mis fin au traité sur l’atome avec l’Iran. Résultat : ce pays est au bord de posséder la bombe atomique. Il était persuadé d’avoir envoûté le dictateur nord-coréen qui vraisemblablement possède aujourd’hui lui aussi l’arme atomique. Enfin, il semble ignorer les victoires de Poutine qui n’a en rien abandonné son axe Moscou-Pékin afin d’isoler l’Europe et a créé le Sud global à partir des Brics en opposition avec l’Occident collectif. Quant au Moyen-Orient, c’est une immense pétaudière au sein de laquelle Netanyahou semble dicter sa loi à l’envoyé de Trump, un promoteur immobilier totalement ignorant de la situation locale. L’Europe sous le choc peine à s’assembler et à se relever. Elle doit aujourd’hui penser à créer une armée dont le coût entre en opposition avec le maintien d’un modèle social. Que fera-t-elle quand la Russie envahira les pays baltes et prendra définitivement possession de l’Ukraine et de la Géorgie ? Vraisemblablement rien. Munich bis repetita.
Une politique internationale indécente
Depuis le pacte germano-soviétique, on n’avait jamais vu les grandes puissances se conduire avec autant d’indécence avec un peuple en guerre. Trump et Poutine se livrent au découpage de l’Ukraine en l’absence du principal intéressé. Trump avait promis la paix en 24 heures. Il piétine et se fait rouler dans la farine par un Poutine autrement plus futé que le corbeau américain. Et que se passera-t-il quand le Dombass où se situent les terres rares tombera aux mains de la Russie ? Poutine sera-t-il assez bête pour laisser la poule aux œufs d’or à l’Américain ? Allons donc. Quant à parvenir à briser l’axe Moscou-Pékin, c’est du rêve. La Russie possède des frontières communes avec la Chine et ce pays est déjà présent dans le nord de la Sibérie. Pour la Russie, les États-Unis sont des ennemis éternels tout simplement parce que nous sommes entrés dans l’ère du choc des empires. La prochaine étape est vraisemblablement l’invasion de Taiwan par la Chine sans qu’on parvienne à voir qu’elle peut être la riposte américaine à un pareil évènement.
Et l’Europe dans tout ça
Poutine a réussi à gagner des pans entiers de l’Europe notamment des pays de l’ancien glacis soviétique. Il a désormais pour alliés les formations d’extrême droite qui balancent entre le trumpisme et le poutinisme, mais se retrouvent dans les valeurs réactionnaires de l’un et l’autre. L’Europe ne parvient pas à réellement s’unir pour faire face à un danger qui pour l’instant n’est que virtuel. Les dépenses nécessaires pour constituer une armée digne de ce métier se heurtent à de multiples obstacles à commencer par l’armement. Une grande partie de celui-ci est américain et vient donc d’un pays qui ne peut plus être considéré comme un allié. Constituer son propre arsenal prendra au moins une décennie, mais va surtout nécessiter des sacrifices financiers au détriment des couches sociales les plus défavorisées. D’où un risque certain de troubles sociaux. La France, locomotive de l’Europe avec l’Allemagne, est sur la sellette avec au premier rang le gouvernement Bayrou dont on peut. Prédire la chute prochaine accélérant ainsi le calendrier politique. La bataille des chefs ne fait que commencer qui sacrifient l’intérêt général à celui de leur propre personne.
L’histoire toujours surprenante
L’étude de l’histoire nous apprend que l’humanité a traversé dix, cent périodes aussi angoissantes que celle que nous vivons. Mais c’est la première fois que des possibles belligérants disposent d’armes suffisamment puissantes pour créer un cataclysme planétaire. Les nazis avaient été écrasés juste avant de posséder l’arme nucléaire avec laquelle ils auraient vraisemblablement dominé le monde. Néanmoins, l’histoire nous apporte aussi la preuve de retournement de situation surprenant, presque miraculeux. C’est souvent parce que l’humanité prend conscience de sa fragilité qu’elle rétablit un équilibre vital. Encore faut-il que les nations soient capables de sagesse et de sacrifices pour éviter le pire. C’est là que la foi et la spiritualité interviennent. Simplement mû par l’esprit de vengeance ou l’appât du gain, l’homme perdra la bataille qu’il mène contre lui-même. Espérons donc qu’il sera bien inspiré.
GXC
Illustration : D.R